Quatrième dimanche de Pâques

Dominique Collin

 


Les brebis suivent le berger, car elles connaissent sa voix.
Dans la cacophonie ambiante, physique ou médiatique, mais toujours intrusive des voix innombrables du monde, une voix singulière, familière, se distingue entre mille.
Même tamisées par le confinement, toutes ces voix discordantes, mal ajustées, voix de fausset des « voleurs » d’âmes et d’esprits, remplissent nos oreilles de leur bruit assourdissant.
Nous ne les écoutons pas parce que nous ne reconnaissons pas dans cette cacophonie la voix unique de celui que nous suivons.
Et comment reconnaissons-nous cette voix ?
À ce qu’elle nous appelle chacune et chacun par son nom.

Comment cela ?
La voix du berger est une voix qui offre de bonnes résonances qui nous parlent.
Mais comment l’entendre, cette voix ?
Il est vrai que l’Évangile nous a peut-être été enseigné les oreilles fermées.
Une condition préalable : il faut avoir une oreille pour la vie pour entendre la voix du berger, lui qui est « venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10).
Une autre condition, tout aussi fondamentale : chacun est libre d’écouter à sa manière la voix du berger, car chaque oreille se rend singulièrement et activement vers la sonorité qui l’appelle.
Une troisième et dernière clé d’écoute : la voix du berger s’entend comme on l’aime.

Et comment sait-on qu’on l’aime ?
Question éminemment personnelle à laquelle il est difficile de répondre, déjà pour soi-même. Disons, pour reprendre l’image de la parabole de ce dimanche, qu’on sait qu’on aime la voix du berger parce qu’on trouve dans son appel « de quoi se nourrir » (Jn 10, 9).

La voix du berger est nourrissante : elle nous nourrit d’une vie de surcroît.
Un surcroît de vie, une abondance : voilà ce que nous entendons dans la voix singulière du berger, cette voix que nous aimons pour son évidence, cette voix incomparable que nous sommes joyeux de suivre.

 

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